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Gaëlle Boissonnard, un peu plus loin...

Terre d’été

Un peu plus loin Posted on 26 Juil, 2021 11:52:43

Feuilles de figuier et céleri aromatique dans un vase créé lors du dernier stage Murmures de terre,
qui a eu lieu à l’atelier au mois de mai dernier.
Une tête de grès roux aux couleurs de pain d’épices et qui s’invente des chevelures changeantes.
Plus d’images à retrouver sur mon blog dédié aux stages.



Sauver des vies…

Tenter de dire Posted on 20 Juil, 2021 11:53:03

Mais à quel prix ?
Et au prix de quelle vie ?
Où en sommes-nous de nos questionnements ?
Et de nos peurs ?
Où en sommes-nous de nos soumissions ?

Deux dessins un peu anciens, posés sur le papier il y a une douzaine d’années,
actualisés aujourd’hui.

Nous aurions pu espérer que ces douze années nous amènent vers plus de sagesse,
vers une prise de conscience collective qui nous verrait consommer moins compulsivement,
plus intelligemment, et nous respecter davantage.
Qui nous verrait lutter ensemble contre l’autorité d’un état sourd
et contre ceux qui se croient les rois du monde parce qu’ils s’envoient en l’air dans l’espace,
ruinant par ce seul et délirant caprice tous nos espoirs d’une terre régénérée.

Mais non.
Non, la sagesse se dilue dans des rêves sur petits écrans,
et nos esprits critiques se noient derrière les vitres des smartphones.

Où en sommes nous de nos vies, de nos capacités à vivre, à inventer nos vies,
à résister?
Serions-nous devenus ces pions qui, par peur de perdre la vie, renoncent simplement à la vivre?

Et quelles sont ces vies qui valent plus que d’autres vies?
Plus que celles de ces centaines de “migrants” en train de mourir à petit feu dans une église bruxelloise, plus que celles de ces milliers de femmes, hommes et enfants qui ont péri en Méditerranée
cette année encore, plus que celles de milliers de femmes, hommes et enfants qui croupissent et subissent tortures et maltraitance dans des camps lybiens financés par l’Union Européenne, plus que celles de ces femmes, hommes et enfants tués par des armes françaises au Yemen, plus que celles de ces femmes, hommes et enfants qui meurent de faim à Madagascar, qui sont morts sous la boue en Allemagne, parce que notre planète surchauffe.

Ces vies-là, reconnaissons-le, nous importent peu,
et importent moins encore ceux qui mènent notre barque.
Non, les vies qui nous importent,
ou plutôt les morts,
ce sont celles que l’on agite pour mieux nous bâillonner, nous contrôler, nous domestiquer,
ce sont celles de l’entre-soi, de l’entre-frontières, de l’entre-virus.

Et nous voilà le dos courbé, en rangs serrés, à obéir aux injonctions royales,
sans même prendre le temps d’une réflexion globale sur ce que nous sommes en train de vivre.
La pédagogie et la confiance ne semblent pas avoir de place dans la lutte contre l’épidémie
qui nous assaille. Il faut croire que ceux qui nous “président” ont bien peu de respect pour nous
et pour notre capacité à être adultes et responsables.
Mais comment pourraient-ils en avoir, puisque nous leur montrons chaque jour que
nous n’en n’avons pas plus pour nous-mêmes, pour nos droits, pour notre dignité ?

Un peu de lumière pour éclairer nos réflexions: cet article de Félix Tréguer, paru dans Le Monde diplomatique. Urgence sanitaire, réponse sécuritaire.




Herbes et fleurs de juin

Comme ça... Posted on 22 Juin, 2021 17:45:42

Je les aime folles,
vivantes,
comme ces minuscules bestioles qu’elles abritent.
Je les regarde,
elles m’accompagnent au quotidien,
ici, quand je les foule,
les caresse,
là, quand je les dessine.

Je m’en empare,
elles m’éloignent et me protègent de la folie des hommes.



Une sixième édition

Bientôt. Posted on 08 Juin, 2021 08:02:20

De l’Art cherche.

Je serai présente cette année encore auprès de l’association M’la vie avec Lisa,
avec une sculpture céramique et textile,
ainsi qu’un original, qui ne manque pas d’air.

À bientôt?



Dessiner sur la terre

En cours Posted on 25 Mai, 2021 12:19:54

Du carnet à la porcelaine, le dessin fait son chemin.
Quelques pièces tout juste sorties du four et nées d’une collaboration avec Frédérique Eyraud, potière.
La technique de la décalcomanie céramique permet ces va-et-vient entre son travail et le mien
et a donné naissance à notre toute petite collection Histoires de jardin.

Et puis ceci, trace d’un passé révolu, mais pas si lointain.
Retrouvé, en rangeant l’atelier, des dizaines de lettres écrites il y a plus de trente ans, et que nous échangions, une amie et moi, quasi quotidiennement.
Les années 80 avaient aussi leurs réseaux sociaux, faits de papier, d’encre, de voix, de sourires,
de complicités…
Nous n’avions pas 680 amis, nous ne likions pas,
mais nous savions quand même échanger, partager, communiquer,
nous aimer,
pour de vrai.



Les mains au chaud

En cours Posted on 26 Avr, 2021 12:08:17

Parce que les jours lumineux il nous faut les fabriquer à chaque instant,
quelques nouvelles de la vie dans l’atelier,
et juste à côté.

Dehors, le printemps semble s’oublier.
C’est un peu comme s’il nous baladait entre hiver et été sans parvenir à prendre sa place,
sa belle place de printemps, celle qu’on aime et qu’on attend.

Ceci dit, il y en a que ça ne semble pas incommoder…

Dedans les pinceaux s’agitent.
Le stage Cuisine des couleurs du mois d’avril a été annulé,
les images de celui du mois de mars sont à retrouver ici.

À l’étage du dessus, les pinceaux toujours, et puis les crayons,
pour de nouvelles illustrations.
Des commandes que je montrerai bientôt ici.

Un peu plus bas la terre prend forme.
Un nouveau four céramique m’accompagne désormais et j’ai pu reprendre le chemin du grès, des engobes et de la barbotine… Je cherche, j’expérimente, je continue de tendre des fils entre le dessin et toutes ces matières que j’aime tellement travailler.
C’est pour moi un bel élan vital qui me permet de tenir dans ces jours sans horizon.

Des petits bouts, des fragments,
difficile d’en montrer plus pour l’instant,
mais ça viendra.

En attendant je vous souhaite un très beau printemps et vous dis à bientôt!




Bleu

Comme ça... Posted on 26 Fév, 2021 13:56:31

Profond,
bleu de l’oubli.

Bleu cobalt,
bleu de la nuit,
de la terre et de la pluie.



En attendant…

Tenter de dire Posted on 02 Jan, 2021 17:02:09

… de retrouver nos vies.

De cesser de compter,
ces morts-ci,
et pas les autres.

Car il y a les morts qu’on compte, et ceux qu’on ne compte pas.
D’ailleurs pour qui comptent-ils ces morts-là?

Ces morts de faim, de froid,
ces noyés de la Manche ou de la Méditerranée,
parce que trop pauvres, trop foncés, trop différents,
ces morts de fatigue à travailler pour nous,
à creuser pour nous, à coudre pour nous, à cultiver pour nous,
ces abattus du Yemen ou d’Égypte,
percés de balles tout droit sorties de nos essentielles fabriques,
ces seuls à crever qui n’ont même plus les ragots des comptoirs,
la lumière des cafés pour se revigorer
et qui crèvent,
ces empoisonnés pour leur bien,
ces morts de détresse de n’être rien,
ces morts juste parce que c’est la fin.

Qui les compte?

En attendant le temps où nous compterons tous nos morts,
et tous nos vivants,
en attendant ce temps où tous compteront pour nous,
jusqu’au plus petit brin d’herbe,
en attendant ce temps où nous prendrons nos vies en main,
je vous souhaite une année belle,
éveillée, éclairée,
libérée.



Souffler

En cours Posted on 08 Déc, 2020 18:44:39

Depuis quelques semaines, sur ce blog,
un long silence,
à l’image de ce qui nous est imposé.

Chacun chez soi,
sans bruit, tête basse et masquée.
Les seuls encore plus seuls,
les pauvres toujours plus pauvres,
(et les riches plus riches, ne l’oublions pas),
chacun reclus dans sa petite misère,
ses craintes, ses frustrations,
ses colères rentrées.

L’atelier aussi s’est isolé,
du froid de novembre,
des peurs qui nous font renoncer à vivre,
à exiger de vivre,
des bruits du monde et de ceux qui croient qu’il faut tuer la vie pour mieux la protéger.

Un silence donc ?

Mais à tous les étages des mains en mouvement.
Et quel bonheur quand les mains s’agitent et se mêlent à la pensée,
aux envies, aux idées,
à la terre et aux textiles usés qui attendaient depuis si longtemps de prendre corps.

Un silence nécessaire donc, pour mieux se concentrer,
et la joie de créer.

De ce temps d’informatique pause sont nées quelques pièces,
céramiques, textiles, papier – ou bien tout mélangé –
qui sont exposées pour quelques jours sous mon toit.

Une exposition éphémère et privée,
mais que j’espère bien faire un jour voyager.

Quelques images pour le partage.

À bientôt !








Les vrais humains

Tenter de dire Posted on 02 Nov, 2020 17:05:01

Étrange de tenter,
à la fois face et derrière un écran,
de dire l’importance d’être ensemble.
Ensemble vraiment,
les humains avec les humains,
avec les sons et les odeurs,
avec les mains qui touchent,
avec les peaux qui sentent,
avec ce que l’on voit et qui ne se dit pas,
avec ce que l’on montre, malgré nous, parfois,
et qui ne s’entend pas.
Avec la vraie vie,
les vraies gens,
les vrais humains qui rient, qui pleurent,
qui meurent aussi.

Qui meurent de solitude, de désespoir ou de chagrin,
qui meurent simplement parce que c’est la fin,
le bout du chemin,
parce que oui, quelle qu’en soit la manière, la vie un jour s’arrête.

En attendant,
on peut se poser la question de cette vie,
de savoir si ce n’est qu’une petite mécanique dont il faut prendre soin,
qu’il faut réparer de temps en temps,
sans se soucier de ce qui la nourrit,
de ce qui, en elle,
et en dehors d’elle, fait sens.

À quoi bon vivre si c’est en étant privés de la vie,
de ce qui fait la vie aussi.

Certains aujourd’hui se demandent,
et bien sûr cette question je me la pose aussi.

Pour sauver des vies, la vie, une forme de vie,
nous sacrifions ce qui fait la vie.

Ce qui fait la vie dans ce qu’elle a de plus beau,
la création.
Si la vie est partout,
là, dans cet arbre qui sous mes yeux se dénude,
dans le chant de l’oiseau que j’entends de l’autre côté de la fenêtre,
dans les bourgeons d’hellébores qui commencent à pointer sous les feuilles,
elle est aussi en nous.

Et c’est cette vitalité que l’on fait taire,
en réduisant à rien les liens sociaux,
en nous mettant en cage,
en fauchant nos élans de création, de partage,
d’énergie pourtant si précieuse.

Que certains se rassurent,
les chasseurs peuvent continuer à tuer
– les fabricants et marchands d’armes également,
des civils, des enfants –
encouragés par ceux qui prétendent nous sauver.

Sauver notre corps, notre petite mécanique,
nos consommations effrénées.
Le reste on s’en fout.

Je ne m’en fous pas,
et je suis persuadée que chacun,
avec ce que nous avons dans les mains,
nous pouvons résister.

Les créateurs ne dorment pas sous la chappe qu’on leur a imposée,
la fourmilière ne cessera jamais de fourmiller,
les graines à l’abri de la terre se nourrissent pour mieux germer,
pour mieux éclore et pour mieux exploser sous le prochain soleil.
La vie est bien là.

À chacun de nous de l’arroser, d’y croire et de l’inventer.




En écho à mes mots, cette tribune écrite par Alexis Weigel, libraire à Mulhouse.

Et puis, pour information, et parce que la question m’est parfois posée,
sachez que je ne ne suis présente sur aucun réseau “social”,
et que je ne vends rien sur ces plateformes commerçantes
qui ne font de bonheur que celui des multimilliardaires qui les possèdent
et qui s’engraissent sur nos détresses.
Pourtant vous y trouverez mon nom.
Dans le premier cas, les comptes ont été ouverts par des usurpateurs (trices?),
et dans le second ce sont des commerçants qui vendent en ligne et à des prix exorbitants
la papeterie que j’illustre et qui est éditée par Aquarupella.

Si vous me cherchez, je suis ici.
Si vous souhaitez acheter cartes, calendriers ou autres petits carnets,
un très grand nombre de boutiques indépendantes, en France et à l’étranger, les commercialisent.
Et si vous souhaitez vraiment acheter en ligne, certaines papeteries
vous les proposent, comme celle ci.





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