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Gaëlle Boissonnard, un peu plus loin...

Patte blanche

Tenter de dire Posted on 21 Sep, 2021 15:52:18

Il est une chose qui,
plus que toute autre,
me révolte,
c’est l’injustice.
Ajoutée à la mauvaise foi, à la manipulation, au mensonge,
à l’irrespect et à l’indignité,
cela fait un grande nombre de raisons d’être en colère.

Il semblerait n’être pas de bon ton, par les temps qui courent,
d’oser exposer son indignation et son désaccord.
Notamment quand ils sont suscités par les décisions de ceux qui nous dirigent,
même si celles-ci sont profondément et délibérément discriminatoires.

Jamais je n’avais encore imaginé que mon pays en arriverait à ce niveau de répression aveugle,
ni que la plupart d’entre nous accepteraient cela sans broncher.
Mais, pense-t-on,
de ces décisions dépendent notre salut sanitaire,
notre santé à tous.

Alors tant pis si quelques milliers de personnes se retrouvent sans emploi ni ressources,
tant pis si quelques milliers d’autres se retrouvent sans médecin, kiné, aide à domicile…
et parfois en danger.

La peur,
d’être malade, d’être contrôlé, sanctionné, mis à l’écart,
d’être rejeté ou simplement montré du doigt,
la peur a figé nos esprits critiques et nos capacités à penser de manière autonome.

Il faut croire que les hommes — nombreux — et les quelques femmes, qui,
tout en haut des tours de leur invulnérable château,
décident de nos vies et de nos avenirs,
savent un peu plus qu’habilement jouer avec nos peurs,
et les utiliser à notre encontre.
L’imagination est sans limites quand il s’agit de dominer.

Mais je me fais bavarde,
et ces mots trop nombreux ne sont que l’introduction d’une colère qui me touche plus particulièrement
et qu’il m’importe de partager ici.

Éphéméride donc,
une curieuse, inventive et populaire exposition à découvrir à Saint-Étienne d’ici deux semaines.

Mais,
car il y a un mais,
Je dois dire ici que tous ne pourrons pas la découvrir.
Car, comme bon nombre d’évènements culturels, artistiques ou de loisirs,
l’exposition est réservée à cette élite non réfractaire détentrice du fameux sésame.

Éphéméride a apparemment deux torts:
Être présentée dans un centre social, plutôt que commercial.
Et l’on nous expliquera que le social n’est pas indispensable à la vie,
le commerce si.

Et être organisée, chose incroyable, par une équipe de bénévoles.
Mais oui, cela existe encore,
des personnes qui donnent de leur temps et de leurs compétences
pour permettre à des artistes de présenter et vendre leur travail,
sans prélever un euro sur les ventes.
Ceux-ci auraient été marchands d’art,
exposant nos babioles sur les murs immaculés de leurs galeries,
il n’aurait pas été question de pass.

Il faut croire, une fois encore,
que ce virus est plus intelligent qu’il n’y parait,
puisqu’il se fait tout petit quant il passe la porte des lieux dédiés au commerce et à la finance,
mais devient abominablement virulent quand il s’agit de lieux de partage d’idées,
de beauté, de soin, d’invention et de création.

Je n’accepte pas ces discriminations (à l’égard de notre public et de nos activités)
fussent-elles légalisées et généralisées.
Je ne comprends pas qu’elles puissent être acceptées.

Je tenterai, dans les prochains jours,
de présenter ici les pièces sur lesquelles je travaille
et qui seront accrochées parmi les 365 carrés d’Éphéméride.

Pour le reste,
on en discute?








Sauver des vies…

Tenter de dire Posted on 20 Juil, 2021 11:53:03

Mais à quel prix ?
Et au prix de quelle vie ?
Où en sommes-nous de nos questionnements ?
Et de nos peurs ?
Où en sommes-nous de nos soumissions ?

Deux dessins un peu anciens, posés sur le papier il y a une douzaine d’années,
actualisés aujourd’hui.

Nous aurions pu espérer que ces douze années nous amènent vers plus de sagesse,
vers une prise de conscience collective qui nous verrait consommer moins compulsivement,
plus intelligemment, et nous respecter davantage.
Qui nous verrait lutter ensemble contre l’autorité d’un état sourd
et contre ceux qui se croient les rois du monde parce qu’ils s’envoient en l’air dans l’espace,
ruinant par ce seul et délirant caprice tous nos espoirs d’une terre régénérée.

Mais non.
Non, la sagesse se dilue dans des rêves sur petits écrans,
et nos esprits critiques se noient derrière les vitres des smartphones.

Où en sommes nous de nos vies, de nos capacités à vivre, à inventer nos vies,
à résister?
Serions-nous devenus ces pions qui, par peur de perdre la vie, renoncent simplement à la vivre?

Et quelles sont ces vies qui valent plus que d’autres vies?
Plus que celles de ces centaines de “migrants” en train de mourir à petit feu dans une église bruxelloise, plus que celles de ces milliers de femmes, hommes et enfants qui ont péri en Méditerranée
cette année encore, plus que celles de milliers de femmes, hommes et enfants qui croupissent et subissent tortures et maltraitance dans des camps lybiens financés par l’Union Européenne, plus que celles de ces femmes, hommes et enfants tués par des armes françaises au Yemen, plus que celles de ces femmes, hommes et enfants qui meurent de faim à Madagascar, qui sont morts sous la boue en Allemagne, parce que notre planète surchauffe.

Ces vies-là, reconnaissons-le, nous importent peu,
et importent moins encore ceux qui mènent notre barque.
Non, les vies qui nous importent,
ou plutôt les morts,
ce sont celles que l’on agite pour mieux nous bâillonner, nous contrôler, nous domestiquer,
ce sont celles de l’entre-soi, de l’entre-frontières, de l’entre-virus.

Et nous voilà le dos courbé, en rangs serrés, à obéir aux injonctions royales,
sans même prendre le temps d’une réflexion globale sur ce que nous sommes en train de vivre.
La pédagogie et la confiance ne semblent pas avoir de place dans la lutte contre l’épidémie
qui nous assaille. Il faut croire que ceux qui nous “président” ont bien peu de respect pour nous
et pour notre capacité à être adultes et responsables.
Mais comment pourraient-ils en avoir, puisque nous leur montrons chaque jour que
nous n’en n’avons pas plus pour nous-mêmes, pour nos droits, pour notre dignité ?

Un peu de lumière pour éclairer nos réflexions: cet article de Félix Tréguer, paru dans Le Monde diplomatique. Urgence sanitaire, réponse sécuritaire.




En attendant…

Tenter de dire Posted on 02 Jan, 2021 17:02:09

… de retrouver nos vies.

De cesser de compter,
ces morts-ci,
et pas les autres.

Car il y a les morts qu’on compte, et ceux qu’on ne compte pas.
D’ailleurs pour qui comptent-ils ces morts-là?

Ces morts de faim, de froid,
ces noyés de la Manche ou de la Méditerranée,
parce que trop pauvres, trop foncés, trop différents,
ces morts de fatigue à travailler pour nous,
à creuser pour nous, à coudre pour nous, à cultiver pour nous,
ces abattus du Yemen ou d’Égypte,
percés de balles tout droit sorties de nos essentielles fabriques,
ces seuls à crever qui n’ont même plus les ragots des comptoirs,
la lumière des cafés pour se revigorer
et qui crèvent,
ces empoisonnés pour leur bien,
ces morts de détresse de n’être rien,
ces morts juste parce que c’est la fin.

Qui les compte?

En attendant le temps où nous compterons tous nos morts,
et tous nos vivants,
en attendant ce temps où tous compteront pour nous,
jusqu’au plus petit brin d’herbe,
en attendant ce temps où nous prendrons nos vies en main,
je vous souhaite une année belle,
éveillée, éclairée,
libérée.



Les vrais humains

Tenter de dire Posted on 02 Nov, 2020 17:05:01

Étrange de tenter,
à la fois face et derrière un écran,
de dire l’importance d’être ensemble.
Ensemble vraiment,
les humains avec les humains,
avec les sons et les odeurs,
avec les mains qui touchent,
avec les peaux qui sentent,
avec ce que l’on voit et qui ne se dit pas,
avec ce que l’on montre, malgré nous, parfois,
et qui ne s’entend pas.
Avec la vraie vie,
les vraies gens,
les vrais humains qui rient, qui pleurent,
qui meurent aussi.

Qui meurent de solitude, de désespoir ou de chagrin,
qui meurent simplement parce que c’est la fin,
le bout du chemin,
parce que oui, quelle qu’en soit la manière, la vie un jour s’arrête.

En attendant,
on peut se poser la question de cette vie,
de savoir si ce n’est qu’une petite mécanique dont il faut prendre soin,
qu’il faut réparer de temps en temps,
sans se soucier de ce qui la nourrit,
de ce qui, en elle,
et en dehors d’elle, fait sens.

À quoi bon vivre si c’est en étant privés de la vie,
de ce qui fait la vie aussi.

Certains aujourd’hui se demandent,
et bien sûr cette question je me la pose aussi.

Pour sauver des vies, la vie, une forme de vie,
nous sacrifions ce qui fait la vie.

Ce qui fait la vie dans ce qu’elle a de plus beau,
la création.
Si la vie est partout,
là, dans cet arbre qui sous mes yeux se dénude,
dans le chant de l’oiseau que j’entends de l’autre côté de la fenêtre,
dans les bourgeons d’hellébores qui commencent à pointer sous les feuilles,
elle est aussi en nous.

Et c’est cette vitalité que l’on fait taire,
en réduisant à rien les liens sociaux,
en nous mettant en cage,
en fauchant nos élans de création, de partage,
d’énergie pourtant si précieuse.

Que certains se rassurent,
les chasseurs peuvent continuer à tuer
– les fabricants et marchands d’armes également,
des civils, des enfants –
encouragés par ceux qui prétendent nous sauver.

Sauver notre corps, notre petite mécanique,
nos consommations effrénées.
Le reste on s’en fout.

Je ne m’en fous pas,
et je suis persuadée que chacun,
avec ce que nous avons dans les mains,
nous pouvons résister.

Les créateurs ne dorment pas sous la chappe qu’on leur a imposée,
la fourmilière ne cessera jamais de fourmiller,
les graines à l’abri de la terre se nourrissent pour mieux germer,
pour mieux éclore et pour mieux exploser sous le prochain soleil.
La vie est bien là.

À chacun de nous de l’arroser, d’y croire et de l’inventer.




En écho à mes mots, cette tribune écrite par Alexis Weigel, libraire à Mulhouse.

Et puis, pour information, et parce que la question m’est parfois posée,
sachez que je ne ne suis présente sur aucun réseau “social”,
et que je ne vends rien sur ces plateformes commerçantes
qui ne font de bonheur que celui des multimilliardaires qui les possèdent
et qui s’engraissent sur nos détresses.
Pourtant vous y trouverez mon nom.
Dans le premier cas, les comptes ont été ouverts par des usurpateurs (trices?),
et dans le second ce sont des commerçants qui vendent en ligne et à des prix exorbitants
la papeterie que j’illustre et qui est éditée par Aquarupella.

Si vous me cherchez, je suis ici.
Si vous souhaitez acheter cartes, calendriers ou autres petits carnets,
un très grand nombre de boutiques indépendantes, en France et à l’étranger, les commercialisent.
Et si vous souhaitez vraiment acheter en ligne, certaines papeteries
vous les proposent, comme celle ci.





La part des femmes

Tenter de dire Posted on 06 Oct, 2020 14:34:28

Un peu de bruit après un long silence.
Envie de partager cette animation de moins de deux minutes,
sur Arte
, qui en dit long sur la place de la femme dans l’art.
Sans commentaire.

À bientôt?



Le travail

Tenter de dire Posted on 01 Mai, 2020 16:14:52

Et bien non, le premier mai, contrairement à ce que feint de croire un certain chef d’État,
n’est pas le jour où l’on fête le travail, le labeur, la sueur de ceux qui triment à l’ombre ou
en plein cagnard pour que d’autres puissent s’engraisser à l’abri de leurs bureaux vitrés.
Non, le premier mai est le jour où l’on fête, un peu partout dans le monde, les travailleurs.
Les droits des travailleurs, la dignité des travailleurs, de ceux qui ne renâclent pas et qui,
comme vous, comme moi, existent aussi au travers de la reconnaissance de leurs savoir-faire,
de ce qu’ils ont à transmettre, à partager, et non de ce qui leur est imposé par
tous les chantages que savent si bien inventer les premiers de cordée.

Ce dit-chef d’État, il y a quelques mois, refusait d’associer le mot pénibilité au mot travail.
Comment ça, oser dire que le travail pourrait être pénible alors que le travail est salvateur!
Oui, c’était bien il y a quelques mois (et non il y a quelques dizaines d’années dans la bouche d’un Maréchal), ce temps lointain où tout un chacun pouvait encore descendre crier sa colère dans la rue
(non sans risque d’y perdre la face ou la vue, mais ceci est une autre histoire).


Rien de bien nouveau.
Alors, en ce 1er mai 2020, sans banderoles et sans muguet,
envie de partager ceci:



(…)

Et puis ils parlent de leurs petites affaires, de leurs enfants, de leurs bronches;
le jour se lève, on tire les rideaux chez le Président.

Dehors c’est le printemps, les animaux, les fleurs,
dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marrent,
c’est le printemps (…)

Il fait chaud. (…) voilà les pélicans, les fleurs sur les balcons,
voilà les arrosoirs, c’est la belle saison.
Le soleil brille pour tout le monde,
il ne brille pas dans les prisons,
il ne brille pas pour ceux qui travaillent dans la mine,
ceux qui écaillent le poisson
ceux qui mangent la mauvaise viande
ceux qui fabriquent les épingles à cheveux
ceux qui soufflent vides les bouteilles que d’autres boiront pleines
ceux qui coupent le pain avec leur couteau
ceux qui passent leurs vacances dans les usines
ceux qui ne savent pas ce qu’il faut dire
ceux qui traient les vaches et ne boivent pas le lait
ceux qu’on n’endort pas chez le dentiste
ceux qui crachent leurs poumons dans le métro
ceux qui fabriquent dans les caves les stylos avec lesquels
d’autres écriront en plein air que tout va pour le mieux
ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire
ceux qui ont du travail
ceux qui n’en n’ont pas
ceux qui en cherchent
ceux qui n’en cherchent pas
ceux qui donnent à boire aux chevaux
ceux qui regardent leur chien mourir
ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire
ceux qui l’hiver se chauffent dans les églises
ceux que le suisse envoient se chauffer dehors
ceux qui croupissent
ceux qui voudraient manger pour vivre
ceux qui voyagent sous les roues
ceux qui regardent la Seine couler
ceux qu’on engage, qu’on remercie, qu’on augmente,
qu’on diminue, qu’on manipule, qu’on fouille,
qu’on assomme
(…)
Ceux qui crèvent d’ennui le dimanche après-midi
parce ce qu’ils voient venir le lundi
et le mardi, et le mercredi, et le jeudi, et le vendredi
et le samedi
et le dimanche après-midi.


Jacques Prévert,
extrait de Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France.
1931



Et les oiseaux dansent

Comme ça..., Tenter de dire Posted on 19 Mar, 2020 18:43:42

et les oiseaux chantent,
et les oiseaux respirent enfin.

Et les oiseaux de toute leur hauteur contemplent la bêtise des Hommes.

Ils se demandent, les oiseaux,
qui applaudissaient les soignants quand ceux-ci, il y a quelques semaines, défilaient,
quand ceux-ci à tour de bras démissionnaient,
pour tenter d’alerter,
de crier la détresse d’un service public assassiné,
d’une profession à bout de forces,
d’un intérêt général (le nôtre!) méprisé,
pour se faire entendre des oreilles sourdes du pouvoir.

Et les hommes applaudissent, quand ils devraient réfléchir,
mais savent-ils encore réfléchir?

Les oiseaux se demandent,
et ils ont en eux la réponse.
En eux et en leur espèce compromise par la folie des Hommes.

Ils se marrent les oiseaux,
quand de toute leur hauteur ils regardent ces Hommes s’épuiser à sauver des vies,
et juste à côté, là,
dans l’ombre,
d’autres Hommes qui conçoivent, fabriquent et commercialisent
les engins les plus sophistiqués qui soient,
et destinés à la détruire,
la vie.

Ils ne comprennent pas les oiseaux,
pourquoi chez les Hommes il y a des vies qui valent la peine d’être sauvées,
et d’autres qui valent la peine d’être détruites

Il y aurait donc des vies plus importantes que d’autres?

Ils ne comprennent décidément rien aux Hommes
les oiseaux.




Confinée comme chacun de vous,
entre maison et atelier,
stages et projets des mois à venir annulés ou reportés,
j’essaie de travailler à préparer l’après,
à chercher les moyens de ne pas sombrer,
et je continue par ailleurs de me tenir informée sur la marche du monde…

À bientôt
?

Article du Monde: La France, troisième exportateur mondial d’armement.

Amnesty International: Vente d’armes, stop à la complicité de la France

Dossier Amnesty: Égypte, des armes françaises au cœur de la répression



La parole des images

Tenter de dire Posted on 11 Déc, 2019 14:27:43

Des images qui, sans mots, racontent, chantent, crient ou murmurent, voilà presque une vingtaine d’années que je travaille à en inventer.
Dans un cadre certes bien étriqué, celui de la carte postale, de ce petit objet que l’on offre ou que l’on poste pour accompagner nos humeurs, nos silences, nos générosités, nos maladresses, nos élans et parfois même nos incapacités (Ah, dire Je t’aime ou dire Merci…).

Des images donc qui tentent de dire la nécessité du lien, la joie et l’importance de la complicité, de ces choses belles et lumineuses parce que partagées.
Des images enfin, qui, peut-être simplement parce que j’en suis une, parlent des femmes, de la femme, de son humanité.


Mais si les images parlent, si on les fait causer, ce n’est pas toujours les bras ouverts.
Ici, ailleurs et de tous temps, l’image a aussi souvent été conçue, peaufinée et utilisée
pour nous faire douter de nous-même, pour entraver notre liberté de penser, de réfléchir, d’analyser.

En voici un exemple édifiant (image de campagne contre le suffrage féminin en Suisse, 1959),
parmi hélas tant d’autres.

Ainsi, il faudrait protéger les femmes, pauvres créatures sans défense et sans cervelle.
Mais les protéger de quel ogre au juste, de quelle malfaisante puissance prête à les saisir
et à les dévorer toutes crues ?
Des partis politiques ?
(De ceux donc, qui sont supposés organiser la vie en société et œuvrer pour le bien commun, et donc celui des femmes).
Des hommes ?
(On peut imaginer qu’une société dans laquelle la femme n’a pas le droit de s’exprimer — parce que considérée par l’homme comme incapable de penser par elle-même — permet encore moins aux femmes d’être présentes en politique).

Voici donc une image qui nous envoie plusieurs messages.
Si la femme ne doit pas être la proie des partis, c’est sans doute qu’elle est trop fragile, trop immature, trop peu réfléchie pour affronter la nécessaire et masculine brutalité qui seule est capable d’organiser l’avenir d’une société, de décider du bien de tous, d’un canton, d’une commune, d’une nation, de l’humanité…
ll faut donc la protéger.
Mais qui doit la protéger, et de quoi ? Serait-ce donc à l’homme de la protéger de ses propres méfaits ? De sa propre violence, de ses instincts guerriers, de son autorité destructrice ? De sa peur immense d’être dépossédé de sa virilité? De sa peur immense d’être dépossédé du pouvoir qui lui est octroyé par le simple fait de dominer?

Les images ne sont parfois que le reflet de ceux qui veulent les faire parler.
Celles-ci, même si elles appartiennent au passé, en disent long sur le chemin qu’il nous reste à parcourir, femmes et hommes, ensemble, pour changer le monde et apprendre à vivre ensemble, tous ensemble, sans s’écraser.



(Dans certains cantons de Suisse, les femmes n’ont le droit de vote que depuis 1990, au niveau fédéral elles ont conquis ce droit en 1971. En France ce n’est guère mieux, les femmes n’ont accédé au droit de vote qu’en 1944, bien après le Danemark, la Norvège, l’Arménie, l’Albanie, le Canada, la Géorgie, la Mongolie, l’Équateur, le Sri Lanka, la Thaïlande, l’Uruguay, le Brésil, Cuba, la Birmanie, la Bolivie et bien d’autres… ).



Partage

Tenter de dire Posted on 28 Mar, 2019 18:43:39

Avant de revenir ici,
présenter quelques unes des recherches que je mène actuellement,
je voudrais partager.ceci

Nous sommes toujours si prompts à condamner ceux qui tuent,
ceux qui massacrent au nom d’une idéologie.
Mais que dire, que penser de l’Europe, de la France, de nous donc,
qui nous faisons complices des violences, des tortures, des traitements inhumains et dégradants commis sur ces enfants, femmes et hommes, aux portes de nos territoires?

On vit comment avec ça?



Manifester

Tenter de dire Posted on 25 Jan, 2019 11:31:42

sa peine, sa colère, sa lassitude, extrêmes parfois.

Manifester son désespoir, son incompréhension, son besoin d’être respecté, entendu,
son besoin d’être simplement considéré. Femme, homme, et non rouage, chiffre, objet.
Manifester son désaccord, manifester sa joie et ses idées, sa solidarité.

Manifester sa soif de liberté, d’égalité, de fraternité.

Le pourrons-nous encore, demain, après-demain ? alors qu’une petite poignée d’hommes et de femmes travaillent à déconstruire, pièce par pièce et minutieusement, les principes même de notre démocratie,
et ce, sous le toujours même fallacieux prétexte de nous protéger.

Mais de nous protéger de quoi au juste ? De nous-mêmes ? De notre soif de liberté, de fraternité, de solidarité ? Serions-nous à ce point irresponsables que nous ne serions pas même capables de savoir et choisir ce qui est bon pour nous ?

Serions-nous à ce point irresponsables qu’il nous faille nous voir imposer un cadre de vie et de pensée de plus en plus restrictif, répressif, contrôlé ?Alors même que ceux-là qui nous jugent irresponsables nous accablent de leur propre irresponsabilité ?

Ainsi, les pauvres seraient responsables de la pauvreté, les chômeurs du chômage, les migrants des migrations forcées, les contestataires de la violence, les citoyens de la destruction de notre environnement et de notre climat… et puis quoi encore ? Les malades de leur maladie ? les vieux de leur inacceptable vieillesse ? les enfants de ne pas savoir lire,écrire, compter ?

Irresponsables responsables, nous voici aujourd’hui invités à parler, à débattre, à s’exprimer, mais sans crier s’il vous plait, sans rire et sans pleurer, sans sortir de ce cadre qui nous est imposé.
Mais parler, dire, manifester sa peine, sa colère, ses idées, son désaccord, avons-nous vraiment besoin de ce cadre pour le faire ?

Les espaces et les moyens ne manquent pourtant pas, et n’ont jamais manqué. Associations, syndicats, ONG, permanences d’élus, conseils municipaux, courriers, grèves, manifestations, communiqués et tribunes dans la presse, pétitions, actions judiciaires, élections, chansons…
Dès lors, que manque-t-il sinon une écoute réelle et sincère, sinon une considération qui ne soit pas de façade ?

Nous exprimer, mais dans les limites d’un espace formaté, sur le papier quadrillé des cahiers, sans jamais dépasser, c’est ce que depuis l’enfance on nous transmet. Petits soldats bien éduqués, enfants soumis à la loi du marché, ou des hommes qui le font, nous voilà en rangs, prêts à aller remplir de nouveaux cahiers, comme nous y avons été invités.

Je veux continuer à croire qu’il existe d’autres moyens de dire et de parler, de vivre, d’exister, de se manifester et qu’il est de notre devoir de continuer, sans relâche, à leur donner vie.

Ce sont mes vœux pour cette nouvelle année.
Qu’elle nous voie enfin, chacun à sa mesure, prendre conscience de ce que
nous avons dans les mains, retrouver la confiance en nos possibilités, en tout ce que nous avons, hors des cadres imposés, à inventer, à dire, à créer, à transformer,
et à manifester.

Belle année à vous!



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